Alors que sa cote de popularité est au plus bas et que le gouvernement se débat avec l'affaire Woerth-Bettencourt, Nicolas Sarkozy est revenu depuis la semaine dernière à l'un de ses fondamentaux : la sécurité. "Guerre aux trafiquants et aux délinquants", remplacement du préfet de l'Isère par un super policier, convocation d'une réunion sur les problèmes posés par certains gens du voyage et les Roms... Une fois encore, le chef de l'Etat revêt son costume d'ancien ministre de l'Intérieur. Il tente de sortir la tête de l'eau en revenant à un bon vieux discours populiste, censé capter l'attention et peu importe les amalgames faits au passage. Les gens du voyage ne sont pas à proprement parler des Roms ? Pas bien grave, on peut en faire des bouc-émissaires. Et tant mieux qui cela permet d'ajouter à l'insécurité un autre bon vieux thème, celui de l'immigration...
La tactique est rodée et plusieurs fois depuis le début de son quinquennat, le président de la République a eu recours à son image de champion (supposé) de la sécurité. Une stratégie répétée qui masque justement l'échec de la politique qu'il mène. Car la question se doit d'être posée : pourquoi parle-t-on encore de délinquance et d'insécurité alors que ces sujets sont au coeur des mesures prises par Nicolas Sarkozy depuis 2002 ?! Depuis huit ans, il n'a de cesse de se positionner sur ce terrain mais les problèmes persistent ! Des statistiques peu fiables, on est maintenant passé à l'absence de données chiffrées sur cette insécurité que les Français ressentent toujours autant. L'écran de fumée ne fonctionne plus. Derrière les gesticulations, rien n'a changé.
Ce que Nicolas Sarkozy ne met guère en avant, c'est que depuis 2007, pas moins de 9 000 postes de policiers ont été supprimés et 7 000 autres devraient suivre dans les trois années à venir. Je l'ai rappelé lors de la dernière session de la Région car le Languedoc-Roussillon est touché de plein fouet alors que nous accueillons en période estivale des millions de touristes. Pour d'autres raisons dont je ne remets pas en cause la légitimité, le thème de la sécurité et du manque de policiers s'est aussi invité dans l'actualité perpignanaise, obligeant plusieurs responsables UMP du département à monter au créneau pour demander des moyens supplémentaires. Même eux sont obligés de s'agiter à leur tour, preuve que la politique de Nicolas Sarkozy est sans effet et qu'ils ne sont pas entendus par leur chef de famille !
Devant une telle situation, des élus ont réclamé qu'un Grenelle de la sécurité soit rapidement organisé. Ce serait en effet l'occasion de faire le point sur les vrais chiffres, les vrais moyens et ce qu'il en est sur le terrain. Brice Hortefeux a déjà balayé d'un revers de main cette idée mais Nicolas Sarkozy ferait bien d'y réfléchir à deux fois...