Le quotidien Les Echos publiait en décembre dernier un grand entretien avec Joël de Rosnay, conseiller du président de la Cité des Sciences, entretien passionnant à propos de son dernier livre 2020 : Les scénarios du possible. Comprendre le monde qui vient. Ce livre de 320 pages est en libre accès sur Internet (http://www.scenarios2020.com) d’où l’on peut le télécharger gratuitement. C’est l’une des forces de Joël de Rosnay, il croit en l’interagir…
La troisième partie de cet ouvrage porte sur l’énergie et le développement durable ; autant dire que j’ai été particulièrement attentif à ce qui y est écrit et décrit. Et pour cause, le Conseil Général, depuis 1998, a impulsé de nouvelles façons de concevoir notre rapport au Patrimoine Naturel, à l’Environnement en mettant en place des actions qui, parfois, ont pu déranger voire choquer au départ, mais qui, très rapidement, ont su trouver un écho favorable au sein de notre population.
Plus que « développement durable », Joël de Rosnay propose « développement adaptif régulé ». Ainsi, le « développement » est envisagé sous l’angle d’un organisme susceptible de croître harmonieusement ; « adaptif » signifie que ce développement s’adapte à son environnement et, enfin, « régulation » implique non seulement l’Etat, mais aussi les « écocitoyens ». Aujourd’hui, dans le monde, on constate encore, malheureusement, que la prise de conscience n’est pas active dans le sens où le « chacun pour soi » prime encore sur le « chacun pour tous ».
J’ai eu la fierté de voir, au fil des pages de ce livre, se confirmer le fait que le Conseil Général, au travers de toutes ses actions menées dans le domaine de l’Environnement, est à la pointe, quasi précurseur, de ce que préconise M. de Rosnay. Que ce soit le photovoltaïque, les panneaux solaires, les éoliennes, la géothermie, le bois, autant de moyens destinés à préserver notre planète tout en restant en symbiose étroite avec l’Économie. Plutôt que de perdre du temps à dénoncer toujours et encore, il vaut beaucoup mieux identifier les sources problématiques et agir au plus juste afin d’endiguer – si ce n’est de réparer – les méfaits d’une nonchalance comportementale dont firent preuve les humains vis-à-vis de la planète terre !
A ce propos, l’auteur met en évidence, et de façon très simple, le lien qui unit écologie et économie, deux notions trop souvent mise en opposition par ceux qui n’ont pas intérêt à ce que nos mentalités évoluent dans ces deux domaines. Ces deux mots ont dans leur origine la racine grecque commune de « oïkos » qui veut dire « maison ». Pour écologie, « logos » signifie « la science », ce qui revient à dire que l’écologie est la science de notre maison terrestre. Pour le mot économie, à « oïkos » s’ajoute « nomos », c'est-à-dire « la règle », donc la règle de gestion de notre maison. L’étymologie est intéressante en ce sens qu’elle met en évidence que l’écologie et l’économie sont les deux facettes d’une même médaille. C’est bien ce que nous faisons ici, dans les Pyrénées-Orientales et me vient tout de suite à l’esprit l’exemple de la société Arjo Wiggins, à Amélie-les-Bains, où un projet de chauffage utilisant la géothermie est en train de se mettre en place, avec le soutien du Conseil Général et de la Région… Autrement dit quand l’écologie et l’emploi deviennent complémentaires et indissociables.
Pour revenir au développement durable, voici la définition que donna Gro Harlem Bruntland, Premier Ministre norvégien, il y a plus de vingt ans : « Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. » La société humaine se développe comme un organisme vivant tout en devant veiller à ne pas être en contradiction avec l’univers dans lequel il se situe.
Un des choix collectif les plus importants des temps à venir est celui ayant pour noyau central la concrétisation de ce que de Rosnay appelle « l’écocivisme ». Oui, parce que chacun doit se mobiliser, à son niveau, pour que notre écosystème puisse se renouveler et perdurer le plus longtemps possible. Encore une fois, la majorité de Gauche du Conseil Général fait preuve de sens de l’innovation puisqu’une dizaine de propositions sur ce thème précis, sont intégrées dans le programme de ces élections cantonales 2008. A suivre donc…