D’ordinaire, c’est mon collègue et ami Pierre Estève qui assiste, pour le Conseil Général, aux sessions de la Chambre d’Agriculture. Cependant, ce 30 mai dernier, il était en déplacement et j’ai eu le plaisir d’assister à cette session ayant pour thème « les circuits courts ».
Il y a encore une dizaine d’années, il était inenvisageable de penser au développement des circuits courts (vente directe) ; et puis l’évolution de notre environnement (la rudesse du climat, météorologique comme économique) entraîne de fait d’autres afin de leur faire face. En écoutant ces hommes et ces femmes, agriculteurs, présenter leurs façons de produire et vendre leurs productions, j’ai été frappé par leur créativité, leur engagement, leur dynamisme, leur volonté à ne pas baisser les bras et à trouver des solutions, tant pour leur bien-être que pour celui du consommateur. Le consommateur est de plus en plus exigeant et les agriculteurs veulent la qualité pour leurs produits tout en s’en sortant financièrement. Normal, mais pas simple à mettre en place.
Être agriculteur, et ce depuis toujours, c’est être au cœur de la vie. L’immobilier a besoin de foncier, donc de terres ; la santé a besoin de produits sains, donc de fruits et de légumes de qualité ; le pouvoir d’achat a besoin d’être bichonné, donc avoir la possibilité d’acheter à un coût abordable.
La politique du Conseil Général en la matière est la suivante : favoriser l’authenticité dans la modernité. Il ne s’agit bien évidemment pas de revenir à une agriculture du 19ème siècle, loin s’en faut, mais apporter au consommateur des produits authentiques dans le respect absolu des normes. Nous le savons, c’est précisément ce que veulent les consommateurs – que nous sommes tous – aujourd’hui…
Cela fait quelques années que je le dis : développer les circuits courts de vente a une réelle raison d’être… Eh oui, le prix du pétrole s’envole dans des hauteurs folles (et craignons que cela ne s’arrête pas là), les énergies en général coûtent de plus en plus cher ; le coût de transport des produits augmente inéluctablement et donc le prix des produits sur les étales s’en ressent. Bien évidemment, il n’est pas question pour autant de laisser faire n’importe qui faire n’importe quoi. Les routes ne peuvent se mettre à « fleurir » de paillotes proposant des produits peut-être même pas cultivés par le vendeur. Il y a un besoin de réglementation, de promotion (je pense à ce que le CG a fait pour la route des vins par exemple) afin d’amener les gens vers les exploitations agricoles qui souhaitent proposer de la vente directe. Le Conseil Général est prêt, et je l’ai clairement dit aux agriculteurs présents lors de cette session, à accompagner toute action visant à promouvoir, à mettre en contact les uns et les autres, à faciliter les échanges en circuit court.
D’autre part, puisque le Conseil Général a la responsabilité des collèges, j’ai souhaité impulser de nouvelles habitudes alimentaires pour les jeunes, non seulement avec du Bio, mais également avec des produits provenant de nos terroirs. Ainsi, nos enfants mangent sain, découvrent des produits de qualité, de saison, produits dans des territoires dont ils sont proches.
L’Institution que j’ai l’honneur de présider est, depuis dix ans, aux côtés de l’agriculture, métier ô combien difficile, métier noble et essentiel, et nous continuons notre travail commun afin d’inventer et de tracer des chemins permettant au plus grand nombre de s’y retrouver dans une mondialisation dévorante.