Comment peut-on penser, ne serait-ce qu’une demi seconde, que la suppression – pardon, l’assouplissement – de la Carte Scolaire pourrait favoriser, de façon plus certaine, la mixité sociale et l’égalité des chances que le maintien de celle-ci ??
La plupart des gens souhaite le meilleur enseignement possible pour leurs enfants… Je ne peux que comprendre cette exigence. Néanmoins, il reste capital de faire en sorte, pour l’école de la République, de permettre à chacun de recevoir un enseignement de qualité sans devoir faire des kilomètres pour cela. Je suis loin d’être persuadé que ce soit bon pour les jeunes de devoir effectuer des déplacements, quel que soit le moyen de transport usité, tous les jours…
De plus, cette volonté du gouvernement UMP de pulvériser la carte scolaire semble, une fois de plus, faire l’impasse sur les coûts supplémentaires que devraient alors supporter les collectivités territoriales. Ici, ce sont 16.000 élèves qui sont transportés chaque jour, soit 15 millions d’euros consacrés à cela… Nous ne pouvons pas aller plus loin, que ce soit en matière de financements, et surtout au regard de tous ces jeunes qui doivent être préservés de la fatigue de déplacements superflus.
Plutôt que « d’assouplir » la Carte Scolaire, il serait très certainement plus à propos – plus coûteux aussi, j’en conviens, mais en matière d’Education, des moyens nationaux doivent être mis en place – de travailler à améliorer le système éducatif de notre pays afin que la question du lieu d’enseignement ne se pose plus et que la mixité sociale puisse se faire sereinement car elle est la garante de rencontres, de mixité, de lutte contre la « ghettoisation ».
La mixité sociale permet aux enfants et aux jeunes d’être confrontés à la différence, à l’Autre tout simplement et d’apprendre, alors qu’il en est encore temps, des valeurs telles que la tolérance, le partage, le respect de ce qui n’est pas comme soi, de la différence …
Le gouvernement Sarkozy, une fois de plus, manie la symbolique de façon pour le moins populiste en faisant croire aux français qu’ils auront plus de choix, mais quand on n’a pas les moyens de vivre décemment, on ne les a pas non plus pour envoyer son enfant étudier dans une école éloignée de chez soi…