Comme je l’ai déjà dit, que ce soit lors de mon entretien avec un journaliste de L’Indépendant ou encore lors de la Session Plénière du lundi 16 juin dernier, je comprends tout à fait les inquiétudes des agents du secteur social, eux-mêmes confrontés chaque jour à celles des personnes qu’ils reçoivent et qui sont en grandes difficultés.
Cette grève est utile, dans le sens où elle permet à chacun de prendre conscience de ce qu’il y a à mettre en œuvre pour aller vers plus d’efficience… Je ne parle pas d’efficacité car celle-ci suppose des actions sans se préoccuper des moyens ; or, je suis en responsabilité de gestion de l’argent issu des impôts de mes concitoyens, il est de mon devoir de ne pas faire n’importe quoi, n’importe comment et surtout à n’importe quel rythme ! C’est pourquoi j’ai employé, à plusieurs reprises, le terme d’efficience qui lui suppose certes la mise en œuvre d’actions, mais aussi la prise en compte des limites financières desdites actions.
Je voudrais faire comprendre un point essentiel : personne ne peut exiger que des situations enkystées se résolvent en un claquement de doigts. Oui, il y a des postes à pourvoir ; des jurys de recrutement ont eu lieu la semaine dernière et d’autres sont à venir (infirmière, médecin, sage-femme, conseiller d’éducation…). Oui, il faut réorganiser les parcours d’instruction et de décision au service de la Solidarité ; c’est également en cours. Nous travaillons afin d’établir un plan de restructuration cohérent et durable. Les agents ne sont pas seuls, ils sont sur le terrain et ils font du bon boulot, je le sais. Néanmoins, il leur faut aussi garder l’esprit objectif afin de se rendre compte, par exemple, que des élections syndicales ont lieu à la fin de l’année…
Je suis en responsabilité politique, je suis là pour donner le cap, faire des choix, les citoyens m’ont élu pour cela et ma dernière réélection, au 1er tour, m’a conforté dans la politique que je mène, avec mes collègues de la majorité, depuis plus de dix ans. Les agents du Conseil Général ne sont pas en autogestion, ils m’apportent leurs points de vue, leurs idées, les échos du terrain, mais la décision politique appartient aux élus. C’est ainsi, et il faut un Capitaine, quelqu’un ayant une vision d’ensemble, quelqu’un qui a connaissance de tous les paramètres et qui a la responsabilité de décider pour l’intérêt général et non pas juste pour un groupe « x » d’individus ».
D’autre part, à tout ceux qui trouvent curieux qu’un Président socialiste ne réponde pas favorablement aux revendications de grévistes au sein de l’Institution qu’il dirige (la question m’a été posée par la presse), je dirai que je trouve saugrenue l’idée qu’ils véhiculent comme quoi socialiste serait contradictoire avec gestionnaire… C’est parce que l’on est attentif aux finances que l’on peut mieux aider et soutenir celles et ceux qui souffrent dans notre société ; c’est parce qu’une gestion est saine que l’on peut mettre en œuvre des actions sociales, solidaires des plus démunis d’entre nous. Parce qu’une gestion saine permet de continuer la gestion et l’exercice de cette politique menée pour le plus grand nombre.
Regardez ce qui se passe autour de nous, regardez ce que le gouvernement de Sarkozy est en train de faire. Il pulvérise tout bonnement le Service Public, il supprime des postes de fonctionnaire à tour de bras (rien que dans le domaine de l’Education Nationale entre l’an dernier, cette année et l’an prochain, ce ne sont pas moins de 56.000 postes en moins !), c’est cela contre quoi nous devons lutter. Personnellement, je souhaite un bon service public et surtout le maintien de celui-ci. Certains pensent que nous irons dans ce sens en embauchant. Moi je suis convaincu que c’est en réorganisant l’existant que l’on y parviendra.