Comme beaucoup, j’ai attentivement suivi la campagne pour les Présidentielles aux Etats-Unis ; l’issue du scrutin est une très bonne nouvelle pour ce pays comme pour le monde entier. Oui, l’élection du démocrate Barack Obama à la Maison-Blanche est émouvante, et ce pour tous les progressistes, de tous les pays.
Après la dévastatrice présidence de Georges W. Bush, marquée par le bourbier irakien, le rejet du protocole de Kyoto et la crise d’un système économique et financier ultra-libéral, Barack Obama incarne un autre visage de l’Amérique. Il sera, je l’espère, le Président du changement.
Son élection laisse penser que l’Amérique est prête à être plus ouverte sur les autres cultures, plus soucieuse de l’environnement, plus respectueuse du droit international et réellement en demande de règles, claires et fermes, face au capitalisme financier. C’est aussi, bien évidemment, la perspective d’un nouveau partenariat entre l’Europe et les Etats-Unis fondé sur l’amitié et l’indépendance.
Je me réjouis donc de cette élection tout en ne laissant pas ma joie prendre le pas sur ma raison. L’engouement pour Barack Obama – la fameuse « Obamania » – a frôlé quelques fois l’irrationnel... Or, gardons en tête que cet homme n’est ni le Messie ni doté de pouvoirs surnaturels… C’est un homme politique américain qui est, je le rappelle à toutes fins utiles, pour le port d’armes et pour la peine de mort ! Il arrive à la tête d’un pays ruiné par huit ans de politique « Bushienne » et rude sera sa tâche pour redonner allure humaine aux Etats-Unis. Chacun sait qu’à trop attendre de quelque chose ou de quelqu’un, la déception peut se révéler à la hauteur des espoirs nourris. Il me paraît plus que raisonnable de laisser le nouveau Président américain prendre ses marques et travailler pour mettre en œuvre ce qu’il a promis pendant la campagne électorale.
D’autre part, sa couleur de peau a suscité moult réactions et commentaires. Oui, Barack Obama est noir. Oui, c’est un symbole très fort que son accession à la Maison Blanche, une bouleversante réalité pour tout ceux qui ont eu à subir la ségrégation et autres humiliations liées à leur couleur de peau ; néanmoins, ne le réduisons pas à cela, ne tombons pas nous-mêmes dans ce contre quoi nous luttons : le communautarisme, la stigmatisation des individus en fonction d’une soi-disant appartenance raciale.
Barack Obama est noir, certes, mais c’est avant tout un individu intelligent, doté d’un sens du collectif et du social qui faisait cruellement défaut à son prédécesseur, un homme politique qui doit relever, avec toute son équipe, le défi impressionnant de ces quatre prochaines années. Alors, comme on dit en anglais : « Wait and see »…