Jeudi 11 décembre, je me suis rendu sur la commune de Canohès pour inaugurer deux établissements scolaires… En leur donnant le nom de Pauline Roland et de Julien Panchot, la ville de Canohès fait claquer haut les valeurs et les combats indissociables de ce que doit être la République.
Dans Les châtiments, son recueil de poésie de 1852, Victor Hugo a consacré un texte à Pauline Roland. Il débute ainsi : « Elle ne connaissait ni l’orgueil ni la haine ; elle aimait ; elle était pauvre, simple et sereine. » Proche de George Sand, Pauline Roland fit de sa vie un long combat en faveur des idées socialistes et féministes. Et ce 11 décembre, une autre grande dame du féminisme était présente : Benoîte Groult qui, en 1991, avait publié (aux Editions Robert Laffont) une biographie de cette même Pauline Roland. Benoîte Groult est depuis ce jour marraine de l’école maternelle de Canohès… Un moment émouvant durant lequel les enfants de ladite maternelle ont chanté devant nous.
Quand je repense à ce projet pour le moins méprisant pour les femmes qu’avait concocté le député Mach afin que celle-ci restent à la maison (cachant à peine leur soi-disant responsabilité vis-à-vis du chômage des hommes… Sous-entendu, elles leur prendraient leur boulot !!!!!) ; quand je repense également à ce qu’avait dit l’actuel encore Maire de Perpignan – Jean-Paul Alduy – au sujet des femmes, enfin plus exactement sur sa vision des différents plaisirs de la vie : la drogue, le vin et les femmes !!! Ca fait froid dans le dos… Il y a encore du boulot à faire pour que cessent enfin toutes ces volontés d’orientations pour le moins obsolètes et discriminantes.
Julien Panchot, pour sa part, fut un héros de la Résistance, un de ces hommes courageux qui osa dire « non » au nazisme et à l’occupation. Engagé dans le maquis Henri Barbusse, il paiera de sa vie sa fidélité à la patrie et à la liberté (après avoir eu les yeux arrachés, les phalanges coupées, il fut fusillé assis contre un mur car il ne pouvait plus se tenir debout). Il mourut donc durant le tristement célèbre massacre de Valmanya, en août 1944.
La vie de ces deux citoyens fut un combat et il est important que les jeunes le sachent, pour ne pas oublier ce qu’est un pays libre, démocratique, solidaire, luttant contre toutes les formes de discriminations…
Jean-Louis Chambon, le nouveau Maire de Canohès, avec son conseil municipal, a pris là une très belle initiative. À mes yeux, l’école publique est un des derniers remparts de la République laïque, solidaire, un lieu où la connaissance doit être enseignée à nos enfants, sans aucune différence entre eux et je lutterai, de toutes mes forces, pour qu’elle garde les siennes.