Il y a deux semaines, je me trouvais à Barcelone, dans les locaux du grand quotidien El Periodico, pour une rencontre des plus passionnantes avec l'un des directeurs de ce titre, M. Nadal. Je me souviens que lors de la discussion, en évoquant la situation générale des médias en Catalogne, M. Nadal m'avait confié comment il percevait l'évolution de la presse écrite régionale notamment, en tenant compte de l'implantation des journaux gratuits et de l'Internet. Pour lui, l'un des axes à privilégier pour cette « sortie de crise » au niveau de la presse, c'est un rapprochement géographique vers le lecteur, et cela doit passer par la multiplication d'éditions locales, d'agences de proximité.
J'avoue que je suis d'autant plus tombé sous le charme de son analyse que je la partage pleinement. Souvenez-vous, c'était au début de l'année : c'est la raison pour laquelle j'ai engagé l'Assemblée départementale à se joindre au projet du journal L'Indépendant dans la création d'une télévision locale en Pays Catalan.
Aujourd'hui, que fait le Gouvernement de M. Sarkozy ? Très exactement l'inverse. Il s'apprête, entre autres, à sectionner les racines locales qui font la force - et surtout leur raison d'être ! - des rédactions régionales de France 3 en leur diminuant leur précieux temps d'antenne. La casse du territoire continue ! Après les départements, on s'attaque à « la voix de la France », celle des régions, celle de nos terroirs. C'est insupportable ! Moi qui suis à l'origine du slogan « l'Accent catalan de la République Française », je ne suis pas prêt à allumer un petit écran insipide, inodore et incolore, qui aurait abandonné ses « accents » en régions. Que l'on soit Catalan, Occitan, Provençal, Basque ou Breton, entre autres, cette télé des régions fait partie de notre patrimoine culturel, sportif et identitaire, que l'on aime voir et entendre s'exprimer en toute liberté.
Même si je n'ai pas toujours été d'accord avec un certain traitement rédactionnel, notamment à mon égard, j'invite tous les habitants du Pays Catalan à manifester leur colère face à la réelle menace de voir disparaître, ou se réduire comme neige au soleil, la seule fenêtre audiovisuelle qui les comprend au point de rendre compte, chaque jour, de leur quotidien.
Pour être concret et pratique, comme à mon habitude, je suis pleinement solidaire de la lutte du personnel de France3, ils ont mon total soutien et je vous invite à faire de même en leur témoignant votre appui.