Dès le 9 février dernier, lorsque le projet de loi intitulé « Hôpital, Santé, Patient et Territoire » a été connu, les députés socialistes ont tiré la sonnette d'alarme concernant l'article 24, qui interdirait, s'il était appliqué, les dégustations de vins. Ainsi, c'est toute la profession viticole qui serait menacée puisque privée de moyen d'expression pour assurer la promotion de ses terroirs et de ses AOC dans le cadre de dégustation dans les caves, les caveaux, les salons et autres foires viticoles.
Les parlementaires socialistes ont donc tiré les premiers pour exiger du Gouvernement qu'il complète son article 24 par la phrase suivante : « Cette interdiction ne s'applique pas aux cérémonies publiques organisées par l'Etat ou les collectivités territoriales, dans les caveaux de vente, caves, châteaux, foires, salons, musées du vin ou tout autres manifestations professionnelles de la filière viticole ».
A l'inverse, dans notre département, sur ce même sujet et à l'exception de Mme Arlette Franco, tous les autres parlementaires UMP ont fait preuve d'une discrétion remarquable, ou plutôt d'un manque de courage dont le silence en dit long sur le soutien dont le monde agricole peut espérer d'eux à l'avenir... Pourtant, un vieil adage ne dit-il pas « Que la vérité est dans le vin » ?
Certes, tout le monde ne peut qu'être d'accord avec l'objectif de santé publique qui, au départ, est à l'origine de ce projet de loi. Le problème est, qu'à l'arrivée, au lieu de résoudre un problème de société – je pense là notamment au phénomène des « Open bar » qui favorise l'addiction d'une certaine jeunesse à l'alcool – on donne l'impression de vouloir détruire une profession, la viticulture, on casse de façon pratiquement irréversible un secteur de notre économie particulièrement dynamique et que pourtant la crise et l'émergence de nouveaux pays producteurs n'épargnent pas... Bref, c'est tout un pan de notre quotidien qui risque de s'effondrer, de disparaître, si on ne réagit pas. Car derrière cette menace, ce sont aussi nos fêtes de villages, les férias, les festivals - ô combien nombreux et attractifs - qui mélangent harmonieusement musiques et produits du terroir, par exemple (...), qui pourraient rejoindre dès ce printemps « l'armoire aux souvenirs ».
Un tel projet de loi, tel qu'il est rédigé et présenté en tout cas, est dangereux. C'est pour cela que j'ai fait voter au Conseil général des Pyrénées-Orientales, une motion qui prend justement en compte ce mécontentement, cette révolte de la filière viticole. Motion adressée au Gouvernement pour l'empêcher de commettre l'irréparable. Souhaitons que cet « Appel » soit entendu !