Lundi dernier, l'hémicycle du Conseil général des Pyrénées-Orientales, que je préside, grouillait de monde et de bruits, à l'image de ces lieux où s'exprime la Démocratie au quotidien. Dans les rangs du public, il y avait une trentaine d'élèves venus observer le fonctionnement de l'institution, avec leurs maîtresses de l'école primaire (classes CM2) de Millas.
Il y avait aussi des chercheurs, des enseignants et une poignée d'étudiants de l'Université de Perpignan Via Domitia (UPVD), inquiets pour leur avenir à cause des réformes en cours.
Il y avait encore des vignerons, venus soutenir la motion qu'ils savaient que l'ami Pierrot Estève, président de la commission départementale de l'Agriculture, viendrait présenter avec brio (et un éclatant succès populaire !) pour tenter de contrer ouvertement le projet de loi que le Gouvernement Sarkozy concocte afin d'interdire les stands de dégustation et de promotion des vins...
Bref, les rangs du public étaient si remplis, auréolés de banderoles scandant de légitimes revendications, que nombre de citoyens ont du se contenter de s'asseoir à même le sol, parfois près de deux heures durant. Le règlement veut toutefois que cette scène qui se déroule dans le cadre d'une assemblée délibérative, ne permet pas au public de prendre position, et donc d'exprimer simplement un point de vue, ou d'entrer directement dans un débat contradictoire avec les élus du Conseil général. C'est la loi.
Mais la loi n'interdit pas aux membres de l'Assemblée départementale de se positionner sur des motions. J'ai donc pris l'initiative, ce jour-là, de demander à mes collègues élus d'exprimer avec force un certain nombre de soutiens : au personnel de l'Université de Perpignan bien sûr, mais également pour le maintien et le renforcement du rôle des départements dans l'organisation du territoire, mais aussi pour être aux côtés du Comité économique et social du Languedoc-Roussillon pour l'inscription de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) de Nîmes à Perpignan, mais encore pour que chacun puisse encore avoir la liberté de lever un simple verre à la santé de la viticulture et donc de l'économie départementale.
Lieu brut et pétillant, lieu de caractère naturellement, où les urgences et les dissensions doivent venir mûrir l'action territoriale au plus haut niveau, l'hémicycle départemental, dans son comportement politique, doit conserver ce rôle économique et social, il doit être ce « moteur militant ». Ce n'est qu'ainsi que nous ne nous couperons pas du terrain et de la population, que nous demeurerons au plus près des préoccupations de nos concitoyens.