Cela fait longtemps que je n'ai pas écrit à propos de la marche. Beaucoup d'entre vous le savent, je marche énormément, la plupart du temps très tôt le matin, entre Ille et Perpignan, le long du canal. Marcher, seul, est l'un de mes grands plaisirs. Marcher, c'est se délivrer de l'urgence (ou du sentiment de l'urgence, ce qui n'est pas forcément la même chose !!), laisser de côté le rendement, c'est retrouver des sensations physiques, une fatigue jubilatoire... Les sportifs savent bien cela.
Nous sommes environ quinze millions de marcheurs en France, jeunes et moins jeunes à se rendre disponible à ce qui vient, comme ça vient, le plus souvent au rythme de la nature. On réapprend à chaque fois à laisser tous ses sens en éveil, on hume, on touche, on entend, on regarde et, aux beaux jours, on peut même profiter du silence pour déguster pêches et autres abricots de chez nous aux goûts si délicieux.
Contrairement à d'autres sports où les muscles sont immédiatement sollicités de façon plus ou moins violentes, la marche entraîne une montée progressive de la fatigue, le corps a ainsi le temps de se « chauffer », le temps de pousser ses limites de plus en plus loin, à chaque fois.
Dans notre monde où tout va si vite (trop ?), où nos esprits sont sans cesse sollicités, voire malmenés, marcher dans la nature et la voir se transformer, saison après saison, est une source de bien-être et une manière de rester centrer sur l'essentiel.