Concernant la demande d'annulation de l'élection cantonale de mars 2008 sur le Centre-Ville (canton Perpignan VI) présentée par Mme Marie-Cécile Pons, j'apprends que, très étonnamment, le commissaire du Gouvernement en charge de l'affaire n'a pas suivi et souhaite au contraire la validation du scrutin.
Il faudra attendre plus précisément les conclusions de ce commissaire du Gouvernement pour connaître ses motivations. Mais n'oublions pas qu'il est, d'abord, le « commissaire du Gouvernement UMP », qu'à ce titre il travaille donc pour les amis du Premier Ministre, et que le canton du Centre-Ville de Perpignan est actuellement détenu par une élue UMP... Ceci pourrait expliquer cela.
D'ici trois semaines environ donc, les juges du Conseil d'Etat auront à se prononcer définitivement sur ce dossier. Leur décision, très attendue, sera d'autant plus médiatisée et analysée qu'elle fera jurisprudence.
Le commissaire du Gouvernement a donc choisi de leur conseiller d'entériner une élection, obtenue par seulement 8 voix d'avance (6 retenues très exactement au final des différentes étapes judiciaires entreprises par les plaignants !).
Marie-Cécile Pons et son suppléant Laurent Gauze contestent ces résultats. C'est non seulement leur droit mais aussi et surtout leur devoir. Car pour trancher dans ce dossier, les juges doivent prendre en compte une approche électorale frauduleuse, basée sur tout un système mis à jour – on l'a vu avec « l'affaire de la chaussette » qui concerne la même ville, Perpignan, la même équipe, l'UMP, et qui est également en instruction – dont l'un des piliers a consisté à domicilier dans la mairie (!) de Perpignan, et bien sûr pour les inscrire sur les listes électorales locales, pas moins de 50 personnes ! Saviez-vous qu'il y avait autant d'habitants dans la conciergerie de la mairie de Perpignan ?! Et c'est le maire UMP qui a naturellement validé ces domiciliations : on y trouve, pêle-mêle, le député-maire d'une commune d'Espagne, un marin-pêcheur au long court qui vit en Corse, etc-etc.
La seule annulation de cette clique d'électeurs inhabituelle suffirait à inverser largement un résultat dont, ailleurs et dans un autre contexte, n'importe quel commissaire du Gouvernement reconnaîtrait qu'il a forcément influencé le cours des urnes par avance. Il n'échappera à personne la destination électorale de cette cinquantaine de voix, d'autant que M. Alduy a très activement soutenu Mme Vial, la candidate UMP sur le Centre-ville.
Face à de tels procédés, et malgré la décision d'hier matin du commissaire du Gouvernement UMP, tous les citoyens avides de Démocratie et de République doivent rester ferme. La justice doit passer et elle ne doit surtout pas être le reflet d'un quelconque arbitrage venu « d'en haut lieu » (Rappelons que dans le cas de l'élection municipale de Perpignan, le commissaire du Gouvernement avait rejeté également l'invalidation, mais qu'au Tribunal administratif les juges ont donné raison à Jacqueline Amiel-Donat, et ils demandent l'annulation du scrutin).
Soyons les éclaireurs d'un fait historique. C'est là tout simplement le message que je veux faire passer à tous ceux qui doivent se faire une opinion décisive sur ces enjeux.