Mais quelle est donc cette folie qui pousse un groupuscule d'individus à s'opposer à la construction d'un troisième quai, dans le port de Port-Vendres ? Savent-ils que, par ricochet, c'est le maintien et le développement de quelque 600 emplois dans le site qui sont menacés à cause de leur croisade aveugle pour défendre des intérêts strictement privés ; une démarche qui en tout cas ne sert pas la cause collective.
Quel est le contexte sur place ? Il y a actuellement à Port-Vendres deux quais dont la construction date d'avant-guerre. Aujourd'hui, nous ne sommes même pas sûr que ces deux quais soient capables de résister à l'implantation de nouveaux engins, capables de supporter tous le poids de ces nouvelles grues indispensables au trafic des marchandises. D'où la nécessité de plus en plus incontournable de construire un troisième quai aux dimensions des bateaux d'aujourd'hui, plus solide, plus facile d'accès, plus en phase avec l'époque. Tous les ports dignes de ce nom de toutes les mers s'y sont préparés ou s'apprêtent à le faire.
Et voilà qu'un groupuscule de personnes, qui craignent pour la valeur de leurs maisons, parce qu'un troisième quai leur boucherait l'horizon, ou plutôt modifierait leur vision des choses (ce qui en plus est faux !) ; voilà que ce groupuscule a décidé de mettre les bâtons dans les roues du progrès, et ce au risque de mettre par terre toute une économie. Mais si on ne s'occupe pas de réhabiliter le port de Port-Vendres dès à présent, il y aura bientôt en lieu et place une friche industrielle et leurs maisons ne vaudront plus rien.
Je suis sidéré que l'on puisse faire preuve d'un tel égoïsme aujourd'hui et en ces temps de crise.
Mais il y a pire : ces gens-là sont prêts à tout pour arriver à leurs fins, quitte à nous faire passer pour des imbéciles. Et c'est tellement gros que cela en devient ridicule. Comme si, par exemple, pour la construction de ce troisième quai à Port-Vendres, nous aurions négligé la présence d'experts à nos côtés. Comme si, au Département, nous n'avions pas des techniciens et des ingénieurs suffisamment compétents pour nous engager dans des grands travaux de la sorte. Quel mépris !
Fort heureusement, pour les rassurer, je dis à ces détracteurs systématiques que nous avons toutes ces compétences, et cela est tellement vrai que l'ensemble des acteurs économiques du département et « patrons d'entreprises » – il n'en manque pas un à l'appel – nous suivent politiquement sur le dossier. Car il n'y a pas un 3e quai « de droite » ou un 3e quai « de gauche » ; il y a tout simplement la nécessité de bâtir un 3e quai, la volonté commune de faire un quai pour permettre à Port-Vendres de garder le cap en restant dans la compétition.