En ouvrant la séance publique, lundi après-midi, j'ai ouvert une bouteille de vin, un geste symbolique pour marquer ma solidarité et mon attachement avec tout le monde viticole du Pays catalan.
Comme l'ensemble des vignerons, j'ai été choqué par les nouvelles et particulièrement restrictives directives du Gouvernement Sarkozy, via le projet de loi baptisé « HPST » (pour Hôpital, Patient, Santé, Territoire), qui prévoit, entre autre, « l'interdiction d'offrir gratuitement des boissons alcooliques dans un but promotionnel (...) ».
Alors, c'est bien connu, quand on veut se débarrasser de quelque chose, on l'affuble de tous les maux, on le rend coupable de toutes les misères humaines. Manque de pot, ici, les études les plus diverses montrent, pour ce qui est de notre pays la France en tout cas, que si en 20 ans la consommation de vins a diminué de moitié, en revanche, pendant la même période, le nombre des cancers a pratiquement doublé.
D'où la colère des milieux viticoles qui en ont ras-le-bol de servir de bouc-émissaires à l'occasion d'un discours qui, hélas trop souvent, n'est que « pure démagogie ». Certes, on ne peut que se réjouir de toute action allant dans le sens de la prévention sanitaire. Tout le monde s'accorde pour soutenir ce genre de démarche. Nous sommes tous favorables à la lutte contre l'alcoolisme, c'est évident.
Là, c'est différent. Puisque même les médecins reconnaissent que la thèse « vin = cancer » peut est un raccourci dangereux, et ce dans la mesure où les thèses scientifiques connues à ce jour ne sont pas aussi directes.
Interdire, sous ce prétexte, la présence de stands de dégustation de nos produits locaux (dont le vin fait intégralement partie) dans les lieux publics, salons, foires, nos festivals - je pense là par exemple aux « Musaïques » de Collioure - constitue une atteinte aux libertés, une atteinte à notre culture et à notre patrimoine. Un tel projet de loi, s'il aboutissait, pour notre seul département risquerait de mettre sur le carreau les quelque 250 emplois de « commerciaux » du Cru Banyuls. Et ce n'est là qu'un exemple isolé. N'oublions pas que l'économie viticole c'est aussi l'économie départementale.
Décidément, dans ce pays, en France, si ça continue, bientôt il ne fera plus bon être viticulteur : l'Europe qui pousse à l'arrachage, l'Etat qui les montrent du doigt en les vilipendant sous un faux prétexte de santé publique, le climat qui s'en mêle... Et pendant ce temps, dans d'autres pays, qui émergent, ou qui sont même à nos portes, c'est la prime à la consommation d'alcool ! Ou presque.