Jeudi dernier (le 16 avril), je me suis rendu dans la Vallée de Carol, en Cerdagne, afin d'y rencontrer les maires d'Enveitg (Pierre Jordy), de Latour-de-Carol (Marcel Peytavi), de Porta (Suzanne Délieux) et de Porté-Puymorens (Jean Sarda). L'objet de cette rencontre était de faire le point sur les difficultés qui entourent la réalisation du projet d'un golf à Porté et l'impact de ses aménagements dans le cadre environnemental, sachant que le site concerné s'étend sur une surface totale de 70 hectares.
En fin d'après-midi, à Enveitg, était organisé un débat public, toujours sur ce projet, en présence d'une cinquantaine de personnes : les membres des quatre conseils municipaux de ces communes... Les élus, deux heures durant, c'est dire si les échanges ont été riches, ont tenu à m'alerter sur « la crise économique qui frappe également de plein fouet la Cerdagne ». Ils m'ont exposé, avec force et détails, leurs préoccupations, les issues de secours possibles à leurs yeux face justement à la crise, enchaînant sur des exemples, des soucis, des blocages administratifs qui les inquiètent sérieusement.
Dans leur précieux exposé de la situation, ils n'ont pas manqué de m'interpeller en ma qualité de Président du Parc Naturel Régional, soucieux de trouver un débouché à leur impasse et insistant sur des faits précis tels : « Le projet que nous défendons aujourd'hui, que nous vous invitons à soutenir, a été élaboré en étroite concertation avec les aménageurs, lesquels se sont engagés à respecter toutes les contraintes, environnementales et autres, de l'appel d'offre. Ils ont accepté de réduire considérablement leurs ambitions, au plan de l'immobilier par exemple pour offrir un cadre de vie exemplaire dans la Vallée ».
Cet ambitieux projet d'un golf leur tient particulièrement à coeur que c'était, jeudi à Enveigt, une soirée historique puisque c'était en effet la première fois, depuis 1832, date de la séparation de la Vallée de Carol qui a permis à chacune des 4 communes de prendre son autonomie, que nous les 4 maires se retrouvaient tous ensemble, réunis sur un même projet. Tous les élus qui se sont succédé à la tribune d'Enveitg ont tenu à mettre l'accent « sur la dimension environnementale du projet qui ne constitue pas un handicap à l'écologie ». Je dois dire ici que j'ai beaucoup apprécié le sérieux de leur présentation du projet, comme j'ai également apprécié la qualité des questions soulevées.
A mon tour, j'ai tenu à être très clair sur ma présence à leurs côtés, sur le terrain! Je leur ai rappelé le rôle d'un PNR, sa mission, qui n'est ni de droite ni de gauche. Le PNR, que ce soit bien clair, n'a jamais bloqué ce projet. Ja-mais ! En aucun lieu et en aucun moment. Je mets d'ailleurs quiconque au défi de me prouver le contraire avec une décision de blocage qui porterait ma signature (les mauvaises langues de ce territoire n'ont plus que cela à faire : m'accuser !). Je l'ai affirmé haut et fort devant les élus de ces 4 communes et face à l'assistance ; ma préoccupation de l'emploi est essentielle. Les refus concernant ce dossier, jusqu'à présent, ont été émis par l'Etat. Il ne faut donc pas se tromper de cible.
Pour moi, c'est encore très clair, le PNR est un ami dans l'affaire. Bien évidemment, puisque cela m'a été demandé, posé en guise de question, le PNR peut être un soutien. Mais, attention, pas un soutien pour un laisser-faire n'importe quoi. Le PNR a aussi ses contraintes et ses ambitions.
Le projet ne pourra se faire que si on respecte ces contraintes, et ces ambitions. Soit on accepte la règle du jeu, et je suis prêt à accompagner le projet ; soit on se moque de cette réalité et on essaie de passer en force et là je ne suis plus. Car, ici, au « Parc », ce n'est pas comme dans un western... Autant le PNR c'est nous, Conseil général, autant Natura 2000, qui est le frein aujourd'hui à ce projet de golf à Porté avec ses éléments les plus bloquants (périmètres et thèmes), c'est une directive européenne relayée par l'Etat français. Nous devons voir comment nous pouvons discuter dans les différentes étapes, en engageant des négociations globales pour, par exemple, trouver des territoires de compensation. Par expérience, je sais qu'un dossier, un projet, ça ne se vit pas qu'avec la passion, il faut aussi des arguments. Si je suis allé m'asseoir en Cerdagne à la table des maires des communes de la Vallée de Carol, c'est parce que j'ai envie d'être à leurs côtés. C'est parce que je comprends et je partage leurs inquiétudes pour la survie leur fabuleux territoire. Mais que ce soit là aussi clair, je ne ferais pas le projet à la place du promoteur... Chacun son rôle !
Quant à la réalisation du golf proprement dit, personnellement dans ce projet c'est là où je serais le plus enthousiaste. Nous avons décidé de se retrouver le lundi 27 avril prochain, à partir de 18H30, à Latour-de-Carol pour une grande réunion publique sur le sujet.