Mercredi 13 mai, dans le courant de la matinée, mon collègue, mon ami et mon fidèle soutien dans la défense et la valorisation du Canigou, a perdu la vie accidentellement. J'ai été très choqué par cette funeste nouvelle. Notre première rencontre remonte au lendemain de mon élection en 1997, j'étais alors jeune député et j'avais choisi l'espace d'un week-end d'aller me ressourcer dans le Canigou.
De cette première rencontre, je garde un premier souvenir, aux Cortalets, qui fut également le point de départ de notre aventure commune en faveur de la protection de notre montagne sacrée. Avec les années, Michel Taurinya m'a transmis sa passion intime du Canigou, moi qui Millassois ne connaissait surtout que les paysages du Canigou et non ses détours secrets et ses recoins cachés.
De là est née une forte complicité et ensemble nous avons monté avec d'autres maires du massif, tout aussi passionnés, l'aventure du grand site Canigou. Michel s'est investit dans ce syndicat mixte avec un dévouement exemplaire et y a été à mes côtés, de tous les combats. Le dernier en date restera celui du retrait de la THT dont le passage initial était prévu au coeur du massif.
Cet amateur de montagne, ce passionné de chasse qui connaissait avec une affection déconcertante la faune pyrénéenne était aussi un élu local très impliqué dans sa commune. Réélu successivement et avec une large confiance de ses concitoyens il avait su donner à Fillols l'ambition d'un village de montagne dynamique et ouvert sur l'avenir. Loin des mirages de la neige et du ski, Fillols avec l'action de Michel Taurinya son maire a su attirer de jeunes couples, se doter d'un festival et d'équipements collectifs qui en ont fait un lieu de vie privilégié du Conflent et un village aux portes du Canigou.
Aujourd'hui, alors que nous l'avons enterré vendredi dernier au cimetière de son village, j'ai une pensée toute particulière pour sa mère, sa fille, sa soeur, sa compagne, toute sa famille ainsi que ceux qui l'accompagnaient au quotidien. Salut Michel et merci.