Le 28 mai dernier, en fin de matinée, j'ai donné une conférence de presse au Centre Culturel de Cabestany où se déroulait la première journée de cette deuxième édition du Printemps des Solidarités. A mes côtés, quatre femmes : trois représentantes d'associations issues des 135 qui participent cette année à ce cru 2009 et Hermeline Malherbe, ma collègue et amie conseillère générale en charge – entre autres ! - de la commission « handicap ».
L'an dernier, à la même époque, le Conseil Général lançait une première en France avec ce concept d'une quinzaine de jours entièrement dédiés à nos valeurs de Solidarité, sous toutes ses formes. A ce propos, j'ai d'ailleurs rappelé ma volonté – comme toujours suivie d'actes (pas comme d'autres qui ne sont que des fournisseurs de mots !) – de faire inscrire au fronton de l'Hôtel du Département, et entourant notre si belle devise « Liberté, Egalité, Fraternité », les mots « Solidarité » et « Laïcité ». Certains esprits « intellos » auraient pu dire que ces deux notions, ces deux valeurs, sont intrinsèquement entendues dans la devise de la République Française... Sans doute, mais plutôt que de risquer qu'elles soient de moins en moins perçues et appliquées, j'ai préféré les inscrire dans la pierre... Je crois aux symboles forts et à leur impact sur les consciences.
L'an dernier, nous avions réussi à mobiliser 68 structures pour 88 manifestations sur l'ensemble du territoire départemental et plus de 5000 personnes avaient répondu présentes lors des manifestations ainsi organisées. Quasiment 100% de ces organismes et associations ont de nouveau réagi favorablement à la mise en place de cette deuxième édition et 200 autres nous ont rejoint dans cette belle aventure... Qu'ils en soient ici chaleureusement remerciés.
En France, nous avons progressivement fondé la Solidarité sur des dispositifs, en la distinguant de la citoyenneté et des solidarités spontanées de voisinage. La solidarité est ainsi avant tout une « solidarité de droits », traduisant l'engagement juridique de la société envers les plus vulnérables (droit au Revenu Minimum d'Insertion, droit à l'Allocation Personnalisée à l'Autonomie, droit à la Prestation de Compensation du Handicap, droit au logement opposable, etc). La « solidarité de droits » est bien entendu incontournable et le Conseil Général met tout en oeuvre chaque jour pour faciliter l'accès aux droits sociaux des habitants des Pyrénées-Orientales.
Si la « solidarité de droits » est incontournable, elle n'est cependant pas suffisante car les problématiques sociales ne se résument pas à des questions de droit. A titre d'exemple, les aides que peut apporter la « solidarité de droits » aux personnes âgées ne suffisent pas à remédier au sentiment de solitude et au manque de vie sociale dont souffrent un grand nombre d'entre elles.
Aujourd'hui, la crise actuelle nous invite à nous interroger sur notre modèle de société, caractérisé par la progression de l'individualisme et du repli sur soi, de l'isolement, de l'intolérance et de la violence ordinaire. Pour éviter que la crise n'amplifie les fractures mais au contraire les réduise, il est essentiel de promouvoir des initiatives citoyennes concourant à redonner du sens au « vouloir vivre ensemble » et contribuant à un changement de regard sur le vieillissement, le handicap, la précarité et plus généralement sur l'Autre.
C'est tout le sens du Printemps des Solidarités qui mobilise, depuis deux années consécutives et à titre bénévole, les acteurs locaux, les institutions et les habitants des Pyrénées-Orientales et les invite à construire ensemble des manifestations en faveur d'une plus grande solidarité, contribuant ainsi à recoudre et amplifier le lien social sans lequel nous ne serions rien. C'est aussi là tout le sens de mon engagement politique.
La nouveauté de ce Printemps des Solidarités 2009 est d'avoir organisé toutes ces manifestations autour d'un thème : la lutte contre les discriminations. Au mois de janvier dernier, j'ai souhaité rendre public l'engagement de l'Institution Départementale, et lui donner un nouvel élan, en créant une délégation à la lutte contre les discriminations. C'est ma collègue conseillère générale Ségolène Neuville, qui est depuis déléguée en charge de la lutte contre les discriminations. Et elle fait un travail remarquable afin de porter haut et efficacement nos convictions les plus profondes. C'est d'ailleurs elle qui a présenté en Session (mars 2009) la Charte Européenne pour l'égalité des femmes et des hommes dans la vie locale, charte votée à l'unanimité et votée également quelques semaines plus tôt au Conseil Régional présidé par Georges Frêche.
Comme je l'ai expliqué à la presse ce 28 mai dernier, le Printemps des Solidarités est un laboratoire, une serre où l'on travaille à faire pousser et parfaire les plants qui seront ensuite plantés en plein champ pour donner ensuite la plus belle récolte possible.
Je rends ici hommage à toutes ces femmes et tout ces hommes, tous ces professionnels qui chaque jour oeuvrent pour que la Solidarité ne soient pas un vain mot, pour que cette valeur fondamentale progresse et vive dans un monde où, hélas, l'égoïsme, le repli sur soi et la peur de l'autre, prennent bien trop de place. Que les autres collectivités territoriales se lancent elles aussi dans leurs Printemps des Solidarités et que partout dans notre pays souffle un vent d'entre-aide dont nous avons toutes et tous bien besoin !
A noter : demain, samedi 13 juin, je serai sur mon canton pour deux événements de ce Printemps des Solidarités. A 14 heures à Millas au parc Bombes et à 15 heures, derrière le camping municipal d'Ille-sur-Têt pour les jardins familiaux. Venez nombreux.