Depuis le 1er juin, le Revenu de Solidarité Active (RSA) a remplacé le Revenu Minimum d'Insertion (RMI) et l'Allocation pour Parent Isolé (API). Alors qu'aucun véritable bilan n'a encore été tiré de ce nouveau dispositif, M. Sarkozy a annoncé le 29 septembre son extension aux moins de 25 ans. Que faut-il voir derrière cette généralisation du RSA ? Rien d'autre d'un nouvel encouragement à maintenir des emplois précaires et faiblement rémunérés. Je dis donc aux jeunes: tout ce que vous propose M. Sarkozy, c'est bienvenu chez les travailleurs pauvres !
A ce jour en France, entre 300 et 350 000 travailleurs pauvres toucheraient le RSA, avec une allocation mensuelle moyenne de 180 euros. Tenant compte des conditions d'éligibilité à cette nouvelle prestation, des économistes estiment que seulement entre 120 et 160 000 jeunes pourront y prétendre car il faudra justifier de deux années d'activité salariée sur les trois années écoulées. Le dispositif est sournois car les jeunes qui sont dans cette situation peuvent généralement prétendre au chômage (non cumulable avec le RSA) et il exclut aussi les étudiants qui travaillent pour financer leurs études, le RSA ne pouvant pas être complété, non plus, par une bourse d'études.
Au final, on estime donc à 150 000 le nombre de jeunes travailleurs pauvres qui devraient percevoir un RSA de 50 à 100 euros. Belle perspective d'avenir pour la jeunesse française qui s'apprête à aborder la vie active... Plutôt que de s'entêter à défendre un dispositif qui est en plus payé par les collectivités territoriales, le gouvernement aurait mieux fait de commencer par augmenter le SMIC et les salaires. La revalorisation de la valeur travail, si chère au Président Sarkozy, passe d'abord par là.